L’emprise de Sidney J. Furie -The Entity- (1982) USA

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Carla Moran, une jeune femme interprétée par Barbara Hershey, voit son quotidien bouleversé lorsqu’une entité invisible la tourmente et la viole à plusieurs reprises, la laissant marquée physiquement. Des psychiatres se penchent sur son cas, puis, devant le peu de résultats, des spécialistes des événements supernaturels (UCLA) tentent d’aider la jeune femme.

Les années 70, tout comme le début des années 80, sont assez fastes en film de genre. De très bons films sont depuis, pour beaucoup, devenus cultes.

Concernant L’Emprise, sorti en 1982, de Sidney J. Furie (réalisateur éclectique dans sa filmographie, dont le très mauvais superman IV en 1987), sa vision en VHS fut pour moi un choc psychologique assez intense… j’avais tout juste 14 ans. Et oui, une fois de plus, j’avais du braver l’interdiction de mes parents ! Mais comme à chaque fois que je dérogeais à la règle… ce fut avec régal mais aussi avec une certaine terreur, que je découvris the entity (titre original).

Même si des journalistes se sont montrés très sceptiques sur la prétendue véracité de l’histoire, ce film avec un label Estampillé « Inspiré d’une histoire vraie », met en scène Clara Moran, et non Clara Morgane !!! (Barbara Hershey), une jeune femme très jolie qui élève seule ses trois enfants dans une petite maison de banlieue. Un soir, dans sa chambre, elle est attaquée par une entité invisible qui la viole sauvagement. Les jours suivants, elle va encore subir d’autres agressions encore plus sauvages. Totalement désespéré elle consultera un psychanalyste…

Tout de suite mis dans le bain, on se dit tout de fois que l’on connait la musique et que c’est facile de nous balancer la même rengaine… mais le bain devient chaud, très chaud dès les premières images (5 minutes chrono) ! La bande-son, qui n’est pas vraiment la composition du siècle, suffit largement à nous terrifier… Celle-ci, signée Charles Bernstein, avec des accords fracassants entre caisse et guitare est à la fois très habile de simplicité et horrible à souhait…Elle reste gravée en mémoire, notamment lors des scènes de viol, avec qui elle s’ «accouple» très bien (c’est peu dire), et qui renforce le caractère bestial des actes et joue sur notre sensibilité déjà à fleur de peau. Comme sur chaque scène où l’entité agresse ou viole Carla, la musique nous permet d’imaginer cette force démoniaque, l’effet n’en est qu’épouvantable d’effroi.

Au niveau interprétation, la jolie Barbara Hershey, la star malheureuse du film, se retrouve dans un rôle très éprouvant et pas du tout évident à interpréter. Avec les assauts de l’entité à répétition, et les scènes de viol, elle doit donner un effet de véracité terrifiante à l’écran. Un contrat qu’elle remplie à merveille et qui lui a même valu un Prix d’interprétation féminine au célèbre et regretté festival d’Avoriaz en 1983. On retrouve Barbara Hershey plus récemment dans le film Insidious de James Wan de 2010 et sa suite insidious 2 en 2013.

Ron Silver, qui interprète le rôle du psychologue Phil Sneiderman a notamment été vu dans Horreur dans la ville de Michael Miller avec Chuck Norris (1982), Timecop de Peter Hyams (1984) et The arrival de David Twohy (1996), le réalisateur de la trilogie Riddick.

Des effets spéciaux simples mais qui font leurs… effets ! Avec les plusieurs scènes de viol (celle du début avec l’oreiller, celle de la salle bains, ou du salon, devant ses enfants, on retiendra, par sa cruauté plus psychologique et physique , celle de la chambre qui nous dévoile le corps de Barbara Hershey manipulé par la bête, avec des empreintes de doigts qui palpent sa poitrine devant le regard rempli d’horreur de son compagnon …une scène totalement redoutable d’efficacité, Sidney J furie marque des points en filmant tout ça avec intelligence , qui nous donne le sentiment d’être dans le film, un témoin direct de ces actes, tout en restant impuissant. Cela fait toute la force du film .Il y a deux parties distinctes dans le film, une où Carla est impuissante et seule face à ce poltergeist et l’autre partie, qui débute lorsque son amie est témoin de la manifestation lors d’une scène très mouvementée, à la mode du film Poltergeist. Dans cette seconde partie, Carla se renforce, on la voit combattre grâce à l’aide de scientifiques spécialisés en parapsychologie, en délaissant les psychiatres qui refusent catégoriquement l’évidence des phénomènes paranormaux subis par Carla (ça en devient même risible de leur part).

Certaines petites longueurs et une fin qui aurait pu être plus intelligente et moins facile, ne gâche pas L’emprise, très bon film, qui ne tombe jamais dans le ridicule, loin de là, et qui permet de nous dire, que face à ses manifestations paranormales, nous n’aurons jamais le mot de la fin !

Sans avoir trop vieilli, par comparaison avec les films de la même époque traitant du même sujet, L’emprise est à ma connaissance, un de ces films de genre qui s’en sort très bien. Il est efficace en tous points et surtout, il est terrifiant de réalisme… Ce n’est pas évident d’aborder le thème de la possession (très à la mode de nos jours au cinéma) sans tomber dans l’excès ou le comique… ,je ne citerai aucun film…la liste serait top longue !

Le film de Sidney Furie fait toujours son effet même 21 ans après (par contre, nous, on commence à les sentir passer les années)… bref on en sort troublé, l’emprise est à mon avis un des meilleurs films de possession ! Voilà c’est dit haut et FORT ! En tout cas ce n’est paranormal activity …qui est pour moi une farce grand guignol !

Faites votre avis en le regardant, vous ne serez pas déçu !

Alea jacte est

Loïc BUGNON